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Jeu vidéo, musique et IA : Les nouvelles frontières de la création (Masterclass)


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La table ronde « Musique et Image, Stratégie et Innovation », organisée en partenariat avec La French Touch, a dressé un panorama spectaculaire des mutations économiques du secteur. Animé par Nicolas Parpex (BPIfrance), ce débat au sommet a réuni Cécile Rap-Veber (Sacem), Déborah Papiernik (Ubisoft) et Marie-Anne Robert (Sony Music France) pour analyser comment le jeu vidéo et les nouvelles technologies redéfinissent le modèle de développement des artistes. Une rencontre majeure, menée en français, à revivre en vidéo.

Autrefois cantonnée à de simples bruitages ou à des illustrations sonores secondaires, la musique est devenue un pilier central de l’industrie du jeu vidéo, aujourd’hui considéré comme le loisir numéro un des moins de 20 ans. À l’intersection des écosystèmes, le marché français fait valoir un modèle d’affaires unique au monde, fondé sur l’agilité, la porosité des catalogues et la protection farouche de la propriété intellectuelle.

La fin du « Buyout » : la victoire du modèle de répartition français

L’un des plus grands accomplissements de la décennie écoulée réside dans la refonte des modèles juridiques internationaux. Historiquement régenté par le système américain du buyout (un forfait fixe abandonnant tous les droits au studio), le jeu vidéo s’est plié au modèle de rémunération proportionnelle défendu par la France.

Grâce à dix ans de négociations menées par la Sacem auprès de géants comme Ubisoft ou Electronic Arts, les créateurs français touchent désormais des redevances indexées sur le succès commercial des jeux et de leurs déclinaisons digitales. « Nous avons conclu plus de 110 accords en deux ans avec une vingtaine d’éditeurs », s’est réjouie Cécile Rap-Veber, rappelant que l’esprit français consiste à prouver qu’une régulation protectrice n’interdit en rien le succès économique mondial.

La musique adaptative et le jeu comme plateforme de services

Déborah Papiernik a levé le voile sur les spécificités de la création sonore dans le jeu vidéo moderne, en insistant sur la notion de musique adaptative ou adaptative-interactive. Contrairement au cinéma qui fige l’image, le jeu vidéo oblige à concevoir des bandes-son « vivantes » et déconstruites en multipistes (multitracks), capables de s’ajuster en temps réel selon les choix, les errances ou les combats du joueur.

De plus, le jeu vidéo est passé du statut de produit physique à celui de service évolutif par saisons. Cette mutation ouvre des boulevards promotionnels inédits pour l’industrie du disque : synchroniser un titre dans Just Dance ou organiser un concert virtuel permet de toucher des communautés ultra-engagées et de contourner la saturation des plateformes de streaming traditionnelles.

Le label moderne : l’accès à l’artiste au cœur du 360°

Face à ces mutations, les majors du disque réinventent profondément leurs structures. Marie-Anne Robert a exposé la vision de Sony Music France, qui tire parti des passerelles internes du groupe (PlayStation, Sony Pictures, Crunchyroll) pour offrir un accompagnement global. L’exemple d’Orelsan illustre cette transformation : le label collabore étroitement avec l’artiste sur son prochain long-métrage de fiction cinématographique, Yoroi, distribué par Sony Pictures.

Pour la présidente de Sony Music, les agences intégrées ne vendent plus de la simple musique d’illustration, mais l’accès direct à l’univers de l’artiste, incluant des activations sur les réseaux sociaux et du contenu exclusif. Les frontières s’effacent, à l’image du modèle incarné par Farel Williams, mêlant défilés de mode pour Louis Vuitton, sorties de titres inédits et biographie événementielle en LEGO.

L’Intelligence Artificielle au service de l’extraordinaire

Le rappel de la table ronde a inévitablement abordé le tsunami de l’Intelligence Artificielle générative. Face au pillage de données et aux risques de dilution des revenus sur les plateformes de streaming, la Sacem et Sony Music maintiennent un front uni basé sur le triptyque éthique : Autorisation, Rémunération, Transparence (ART).

Pour autant, les intervenants refusent le catastrophisme et préfèrent chercher comment l’IA peut enrichir l’expérience utilisateur. Ubisoft a ainsi dévoilé un prototype révolutionnaire de Personnages Non Joueurs (PNJ) propulsés par l’IA. Au lieu de répéter des dialogues scriptés et linéaires, ces personnages possèdent une personnalité propre, une mémoire émotionnelle et exigent que le joueur instaure une relation de confiance avant de délivrer des indices indispensables à l’intrigue, transformant chaque partie en une expérience unique au monde.

📺 Pour comprendre les stratégies financières et technologiques qui unissent la musique et l’image de demain, regardez la conférence complète :

 

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