Musique et Cinéma d'animation à l'international : Créer des ponts et décloisonner les arts

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LES RENCONTRES
PRO 2025
Une conférence dédiée aux synergies internationales entre musique et cinéma d’animation. Animé par la journaliste Perrine Quennesson, ce grand débat a réuni Daniela Elstner (Directrice Générale d’Unifrance), Mickaël Marin (Directeur Général du Festival d’Annecy) et le compositeur Pablo Pico pour explorer comment la création sonore propulse notre cinéma d’animation à l’étranger. Une rencontre inspirante, menée en français, à revivre en vidéo.
Introduite par une annonce émouvante rendant hommage au légendaire compositeur Lalo Schifrin, disparu le matin même, la conférence a immédiatement mis en lumière une certitude : dans le cinéma d’animation plus qu’ailleurs, la musique n’est pas un outil accessoire, mais un pilier prépondérant de l’œuvre et de sa circulation mondiale. Tout l’enjeu réside alors dans l’art de provoquer des rencontres précoces entre les talents.
Annecy, épicentre de la rencontre professionnelle
Pour que la magie opère, les structures doivent créer des espaces de dialogue. Mickaël Marin a détaillé la montée en puissance de la journée dédiée à la musique au Festival d’Annecy, en partenariat avec la Sacem. Grâce à des dispositifs ciblés comme Meet the Composers ou des rencontres entre étudiants en composition à l’image et jeunes réalisateurs, le festival ancre cette culture de collaboration dès le début du parcours créatif. « Décloisonner l’animation et y intégrer pleinement ceux qui font la musique est essentiel pour défendre notre exception culturelle », a souligné le Directeur Général.
Cas pratique : la méthode « métaphysique » de Pablo Pico
Véritable fil conducteur artistique de la table ronde, le compositeur Pablo Pico a partagé ses expériences de coproductions internationales, souvent nées dans les couloirs du marché d’Annecy. Il est notamment revenu sur sa collaboration avec la réalisatrice roumaine Anca Damian pour le chef-d’œuvre L’extraordinaire voyage de Marona. Un processus hors norme où il a composé les thèmes principaux sans voir une seule image, guidé par les consignes minimalistes de la cinéaste qui réclamait une musique avant tout… « métaphysique ». « Moins on utilise de mots, plus on laisse d’espace à l’étincelle musicale », a-t-il témoigné.
Pablo Pico a également évoqué ses projets avec la Chine, notamment le court-métrage Dans la rivière (Weijia Ma), pour lequel il a intégré à distance un virtuose du Sheng (orgue à bouche chinois) basé à Berlin, illustrant la plasticité et la liberté qu’offre le numérique dans le cinéma d’auteur transfrontalier.
Unifrance et le Soft Power des « Duets » musicaux
Une fois le film produit, place au rayonnement. Daniela Elstner a exposé le virage stratégique opéré par Unifrance ces dernières années pour intégrer les compositeurs et compositrices au cœur de la promotion du cinéma français à l’étranger, au même titre que les réalisateurs ou les acteurs. Cette mise en valeur passe par des formats innovants sur les réseaux sociaux, à l’image de la série vidéo Duets (faisant dialoguer un cinéaste et son musicien autour d’un instrument), ou la création de playlists thématiques sur Spotify.
« Faire voyager les compositeurs et les compositrices dans les festivals internationaux, de Berlin à Tokyo, est un axe fort de notre Soft Power. Cela montre la diversité de nos savoir-faire et inspire de nouvelles collaborations à l’étranger », a précisé la directrice d’Unifrance, tout en insistant sur la nécessité de valoriser la place grandissante des femmes compositrices dans l’industrie.
Cap sur 2026 : de nouvelles résidences de création
L’avenir s’annonce radieux pour le secteur avec une annonce d’envergure partagée par Mickaël Marin : l’ouverture en 2026 de la toute nouvelle Cité du Cinéma d’Animation à Annecy. Installé dans un ancien haras national rénové, ce lieu d’envergure permanente comprendra des espaces d’exposition, des ateliers d’éducation à l’image, mais surtout des résidences d’artistes. Un appel aux partenaires a été lancé pour y cofinancer des résidences conjointes associant un réalisateur et un compositeur tout au long de l’année.
Enfin, répondant à une question du public sur la légitimité d’emprunter des codes musicaux étrangers, Pablo Pico a conclu sur sa philosophie de création : plutôt que de rechercher une fidélité folklorique absolue, l’important reste l’impact narratif. En détournant des instruments traditionnels de leur usage classique, le compositeur enrichit le vocabulaire du film sans tomber dans le pastiche.
📺 Pour comprendre les enjeux de l’exportation et les secrets des plus belles bandes-originales de l’animation, visionnez la conférence complète :