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Music documentary in partnership with Sunny Side of the doc


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Iain Forsyth & Jane Pollard : « Ne levez pas le rideau du Magicien d’Oz

À l’occasion d’une table ronde exceptionnelle organisée en partenariat avec Sunny Side of the Doc lors du Festival Sœurs Jumelles, les réalisateurs britanniques Iain Forsyth et Jane Pollard ont partagé leur vision radicale et poétique du documentaire musical. Un échange passionnant, mené en anglais, qui rappelle la nécessité de préserver le mystère des icônes de la musique.

Protéger le mythe plutôt que le banaliser

À l’heure où les documentaires musicaux cherchent de plus en plus à désacraliser les artistes en s’immisçant dans leur quotidien le plus trivial, Iain Forsyth et Jane Pollard défendent exactement l’inverse. Pour les réalisateurs du chef-d’œuvre 20,000 Days on Earth dédié à Nick Cave, l’art doit préserver une part de sacré.

« Personne n’a envie d’ouvrir le rideau du Magicien d’Oz pour y trouver un homme normal en sous-vêtements », a résumé Iain Forsyth. « Si nous avions suivi Nick Cave au supermarché, cela n’aurait eu aucun intérêt. Nick a passé des décennies à façonner ce personnage. Pourquoi le lui enlever ? Nous voulons voir les artistes vibrer, se transformer et irradier sur scène. »

Écouter le film : les secrets de 20,000 Days on Earth

Forts de plus de trente ans d’une collaboration fusionnelle débutée sur les bancs de l’école d’art de Goldsmiths, le duo a expliqué comment leur relation de confiance absolue avec Nick Cave avait guidé leur processus créatif. Jane Pollard a notamment révélé une anecdote fascinante sur le montage de leur célèbre documentaire sorti il y a dix ans : la fin qu’ils avaient méticuleusement préparée et filmée sur une plage de Brighton a été rejetée… par le film lui-même.

Le long-métrage « réclamait » une autre conclusion, plus viscérale. C’est en y intégrant la performance live de Jubilee Street au Sydney Opera House, au moment exact où Nick Cave s’écrie « I’m transforming, look at me now », que le projet a trouvé sa véritable voix.

The Extraordinary Miss Flower : un trésor intime transformé en œuvre d’art

Le festival a également été l’occasion de découvrir en première française leur nouveau long-métrage, The Extraordinary Miss Flower, actuellement en quête de distribution dans l’Hexagone. Ce projet unique est né de la découverte d’une valise pleine de lettres d’amour enflammées et de neuf demandes en mariage (toutes refusées) adressées à une femme d’une magnétisme rare dans les années 60 et 70 : Geraldine Flower.

Plutôt que d’en faire un documentaire linéaire, Iain et Jane ont choisi de faire exploser cet héritage intime pour en faire un film de performance visuel et musical. Porté par les morceaux de la musicienne Emilíana Torrini, enrichi par des chorégraphies inspirées des débuts de l’histoire du cinéma, le film fait défiler des invités prestigieux (Richard Ayoade, Warren Ellis et Nick Cave lui-même) venus prêter leur voix pour lire ces vibrantes correspondances. Tourné en seulement deux jours dans une énergie collective folle, le long-métrage transpire la liberté et l’expérimentation.

Faire ressentir avant de faire penser

Interrogés par la directrice de Sunny Side of the Doc sur l’impact qu’ils souhaitent laisser sur le public, la réponse du duo fuse, limpide : « Nous voulons que les gens ressentent quelque chose avant de réfléchir. C’est ce que font les grands albums. On les prend en plein cœur, et ensuite seulement, on commence à intellectualiser. »

📺 Une masterclass inspirante et indispensable pour tous les amoureux de cinéma et de rock, à revivre en vidéo (en VO anglaise) :

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