Beethoven Wars : Quand la musique classique s'associe au manga et à la SF (Masterclass)

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PRO 2025
La chef d’orchestre Laurence Equilbey, accompagnée des producteurs Émilien Dessons et Jean-Baptiste Guionie, a présenté les coulisses de « Beethoven Wars ». Lauréat du programme d’État France 2030, cet ovni artistique associe la musique classique sur instruments d’époque à un film d’animation de science-fiction projeté à 180° sur un écran de 500 m². Un modèle d’innovation et de décloisonnement des publics à revivre en vidéo.
Comment dépoussiérer l’image de la musique symphonique auprès des nouvelles générations ? Pour Laurence Equilbey, directrice musicale d’Insula Orchestra en résidence à la Seine Musicale, la réponse s’est imposée lors d’un trajet de retour du festival de la bande dessinée d’Angoulême. En redécouvrant les musiques de scène méconnues de Beethoven (Le Roi Stéphane et Les Ruines d’Athènes), elle y décèle des thématiques universelles — la guerre, l’exode, la fraternité, la quête d’idéal — qui résonnent immédiatement avec les codes du manga contemporain. Elle s’associe alors au scénariste et réalisateur Antonin Baudry pour concevoir une œuvre hybride monumentale.
L’image sur le son : les défis d’une production inversée
Contrairement au schéma cinématographique traditionnel où le compositeur crée sa partition sur des images préexistantes, l’équipe de Beethoven Wars a dû opérer une production totalement inversée. Le film d’animation a été entièrement écrit, découpé et rythmé sur les enregistrements musicaux préalablement figés par Laurence Equilbey. Un exercice de haute voltige pour les scénaristes qui ont dû composer avec des marches militaires et des morceaux de bravoure classiques pour raconter l’odyssée spatiale de Gisèle (Athéna) et Stéphane, deux enfants de factions ennemies survivant à la destruction de leur planète.
Le choix de la science-fiction s’est d’ailleurs imposé pour des raisons logistiques de fabrication numérique. Comme l’a révélé avec humour le producteur artistique Émilien Dessons : « Entre modéliser des chevaux, des chevaliers et des forêts médiévales ou concevoir des vaisseaux et des galaxies en pixels, le choix de la SF s’est imposé d’emblée. » Pour le design des personnages, l’équipe a fait appel à l’un des character designers de la série d’animation culte Jujutsu Kaisen (Benjamin Reiss), tandis que les décors ont été conçus en « speed painting » pour donner un aspect pictural aux arrières-plans.
Une prouesse technologique sans précédent : le 16K à 50 images par seconde
Pour insérer cette création visuelle au cœur de l’auditorium en bois de la Seine Musicale sans dénaturer son acoustique parfaite, le producteur exécutif Jean-Baptiste Guionie (Les Improductibles) a dû déployer une logistique titanesque. Un écran incurvé transonore de 500 m² — l’équivalent de deux terrains de tennis — a été installé pour envelopper le public sur un champ de vision de plus de 200°.
À écran monumental, caractéristiques techniques hors normes : pour éviter tout effet de scintillement ou de pixellisation sur une telle surface, le studio a travaillé sur des images en résolution 16K à une cadence de 50 images par seconde. « La masse de travail en fabrication est 20 à 30 fois supérieure à celle d’un long-métrage de cinéma standard. À l’arrivée, le master final du film pèse pas moins de 2 To », a détaillé Jean-Baptiste Guionie. De plus, afin que la cheffe d’orchestre conserve sa liberté d’interprétation en direct et ne soit pas prisonnière d’un simple clip automatisé, un pupitre vidéo interactif intégrant une bande rythmo dynamique a été développé pour lui permettre de caler ses musiciens et de rattraper le film à la mesure près.
Un succès populaire et transgénérationnel inédit
L’audace de ce projet réside également dans sa stratégie de diffusion. En s’associant avec l’agence Rosebeef pour une campagne de communication ciblée sur Spotify (utilisation de Canvas vidéo de 7,9 secondes et d’affiches urbaines intégrant des codes musicaux), le spectacle a conquis un public inédit. Les statistiques de l’orchestre révèlent que 63 % des 15 000 spectateurs réunis à Paris, Aix-en-Provence ou Hong Kong poussaient pour la première fois les portes d’un concert classique, la moitié de la salle ayant moins de 20 ans.
Portée par ce succès, l’équipe prépare déjà les déclinaisons de l’œuvre en réalité virtuelle (VR), des projections sous dômes immersifs (notamment au Grand Palais Immersif) et une exploitation en salle de cinéma de la version autonome du film d’animation. Le duo Equilbey-Baudry se tourne également vers l’avenir avec un nouveau projet en développement : transposer l’œuvre Egmont de Beethoven dans un univers de science-fiction Cyberpunk.
📺 Découvrez le décryptage complet et les secrets de fabrication de ce projet immersif révolutionnaire :
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