L’exploitation des droits phonographiques d’une oeuvre audiovisuelle

RETOUR SUR
LES RENCONTRES
PRO 2025
À quel point la musique originale est-elle devenue la variable d’ajustement du cinéma et de la télévision ? Lors des rencontres professionnelles du Festival Sœurs Jumelles, une table ronde majeure a réuni créateurs, éditeurs et régulateurs pour lever le voile sur des pratiques de plus en plus agressives. Un débat sans filtre à revivre en vidéo.
« 0,25 % du budget d’un film » : la réalité invisible des compositeurs
Si la musique est unanimement reconnue comme un vecteur d’émotion indispensable à l’image, sa réalité économique est tout autre. Lors des échanges, le constat partagé par Bertrand Burgalat (Président du SNEP) et Laurent Juillet (Président de l’UNAC) est sans appel : les budgets alloués à la musique originale fondent à vue d’œil, tombant parfois sous la barre symbolique des 1 % ou 0,5 % du budget global d’une œuvre.
Le fléau de la production et de l’édition coercitives
Mais le cœur de la discorde réside dans ce que la filière appelle désormais l’édition coercitive. Le principe ? Un chantage en amont de la production. Trop souvent, certains producteurs audiovisuels imposent aux auteurs-compositeurs et aux artistes de leur céder leurs droits d’édition musicale comme condition absolue pour travailler.
« Se faire braquer l’édition, c’est toujours insupportable », a martelé Juliette Metz (Présidente de la CSDEM), rappelant que l’édition est un vrai métier qui exige des moyens pour faire vivre les œuvres, et non un simple outil de valorisation financière pour les catalogues des producteurs.
Un paradoxe d’autant plus violent que ces catalogues privés sont bien souvent constitués grâce à de l’argent public (aides du CNC, diffuseurs).
Quelle régulation face au streaming et à l’IA ?
Face à ces dérives, quel est le rôle du régulateur ? Antoine Boilley, membre du collège de l’Arcom, a rappelé la force du modèle français et les sanctions possibles en cas de non-respect du code de la propriété intellectuelle. Cependant, la filière musicale réclame des mesures plus directes. Entre la baisse des revenus liés au streaming et la menace immédiate du dumping par l’Intelligence Artificielle générative — les chaînes créant de plus en plus leurs propres banques de sons autonomes —, l’urgence est là.
Parmi les pistes de solutions évoquées : l’extension d’un Code des usages pour tous les éditeurs, ou encore la sanctuarisation stricte d’un pourcentage du budget des films dédié à la création musicale originale.
📺 Découvrez l’intégralité des échanges en vidéo pour comprendre les dessous économiques de la musique à l’image :