Uele Lamore, musicienne

En live à Sœurs Jumelles : Uele Lamore, musicienne tout-terrain

Loin de l’image guindée que peuvent parfois avoir les chef.fe.s d’orchestre, Uele Lamore dépoussière le genre avec son profil atypique. Touche-à-tout et inventive, cette musicienne passionnée n’hésite pas à mettre régulièrement son talent au service de l’image. En concert à Rochefort le 24 juin à 21h pour Sœurs Jumelles, elle dévoilera son univers poétique mêlant orchestrations acoustiques et sons synthétiques.

Cheffe d’orchestre, compositrice et arrangeuse, Uele Lamore n’aime rien tant que le mélange des genres. Formée aux États-Unis au prestigieux Berklee College of Music de Boston, cette passionnée de mangas et de jeux vidéo revendique des influences musicales multiples. « J’ai grandi en écoutant les Strokes ou les Arctics Monkeys, raconte la jeune femme de 28 ans. Ma Madeleine de Proust à moi, ce sont les vieux albums de Phoenix. Mais j’aime explorer tous les genres, du jazz au doom metal, en passant par l’ambiant. Je pense que cet enrichissement nourrit ma musique. Ne pas être curieux, croire qu’on connaît tout sur tout, c’est la mort assurée ».

Revenue à Paris en 2017, Uele monte et dirige l’Orchestre Orage (une formation de 34 musiciens) qui, sollicité par la scène indépendante française, collabore avec Agar Agar, Grand Blanc ou Midori. « Le plus difficile, c’était surtout la logistique : acheminer 30 personnes avec leurs instruments d’un bout à l’autre de Paris nécessite quelques astuces. » se souvient la musicienne qui dirige son orchestre à la manière d’un groupe de rock, sans hiérarchie aucune. « Il faut que tout le monde soit à l’aise, sans histoire d’égo… J’ai l’impression qu’on obtient de meilleurs résultats ainsi ». Rare femme à piloter un orchestre (surtout si jeune !), Uele cumule d’autres casquettes. Arrangeuse pour Etienne Daho, Alfa Mist ou Max Cooper, compose aussi pour l’image depuis 2018.

(Ré)créations

Cette nouvelle corde s’ajoute à son arc au gré des rencontres : « J’ai commencé par faire la musique de courts-métrages d’animation pour quelques amis et les choses se sont enchainées de fil en aiguille. » En 2021, Uele est approchée par Aïssa Maïga qui lui confie la musique de son documentaire Marcher sur l’eau avant de la solliciter à nouveau l’année suivante pour son court-métrage No feminist, réalisé dans le cadre des Talents Adami Cannes. « L’univers du film est très inspiré par le Japon : comme je suis fan de manga, autant vous dire que j’étais dans mon élément. Mais Aïssa pourrait me proposer tout ce qu’elle veut, je dirais oui.» confie celle qui considère néanmoins la composition pour l’image comme une récréation : « C’est vraiment un truc que je fais pour me détendre, mais que je n’envisage pas comme une carrière. Ce que j’aime, c’est qu’il y a une belle place pour l’expérimentation sonore; je peux tester plein de trucs qui nourrissent ma créativité. Et puis, c’est aussi faire partie d’un groupe, ne pas être la personne la plus importante du projet. Mentalement, c’est un bon équilibre avec la production où tu es souvent toute seule avec ton petit nombril ».

Récemment installée en Normandie, Uele travaille actuellement sur la partition de son premier film américain, un long-métrage d’horreur (Blood Rites) qui devrait sortir à Noël. D’ici là, la jeune femme poursuivra la tournée de son premier album « Loom » (sorti en janvier dernier) et se produira dans de nombreux festivals tout l’été, à commencer par Sœurs Jumelles où elle jouera le 24 juin, juste avant le spectacle d’Alex Beaupain consacré à Serge Gainsbourg. « J’ai hâte d’y participer car j’adore tous les autres artistes programmés ». Nous, on a hâte de l’y écouter.

Pierre Lesieur

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