JB Dunckel<br>Compositeur pour Été 85

Co-fondateur du duo Air, Jean-Benoit Dunckel signe sa cinquième musique de film avec Eté 85 de François Ozon, disponible en DVD et VOD. Rencontre.

Comment êtes-vous arrivé sur le film Été 85 ?
J’ai rencontré François Ozon par l’intermédiaire de diverses personnes, notamment mon agent. Je suis arrivé en cours de tournage. C’est la première fois que je faisais une musique sur un scénario. J’ai senti une confiance dès le départ et j’ai pu complètement me laisser aller et sortir ce que je pouvais de mieux de mon inspiration. Dans l’aventure de l’art, du cinéma et de la musique, il est important de pouvoir travailler ensemble, de se sentir bien dans une équipe, d’avoir confiance et de se sentir aimé. Je connaissais un peu le cinéma de François dont j’adore l’approche esthétique et l’ambiance dérangeante qui me fascine. Je voulais être à la hauteur.

Que retenez-vous de cette collaboration ?
Je croyais que travailler avec François pouvait être difficile et, en fait, ça a été la B.O. la plus facile que j’ai jamais faite de ma vie. C’était fluide. Sur une B.O., on cherche à déstabiliser le film, à injecter des émotions pour faire ressortir les images. Dans ce cas, je suis parti sur l’adolescent incontrôlable que nous avons en nous. Quand on grandit, on se retient de plus en plus mais il y a toujours cette part d’adolescence qui bout en nous.

“Le danger était de faire une musique un peu rétro, sans émotion, passéiste.”

Avez-vous influencé François Ozon sur les choix des synchros ?
François avait vu une interview dans laquelle je parlais de mon adolescence  et de ce morceau de Stars de la pub que j’adorais et dont le refrain fait : “L’avion décolle sur les Champs-Elysées, la Tour Eiffel fonce sur la voie lactée”. Ca l’a fait tiquer et il l’a mise dans la B.O., pour la scène de boîte de nuit.

Quel rôle l’époque du film a-t-elle joué dans la composition ?
A travers les synchros, on sent l’attachement de François à cette époque. Pour moi, le danger était de faire une musique un peu rétro, sans émotion et passéiste. Or, je ne voulais surtout pas ça. Je voulais une musique d’aujourd’hui. J’ai utilisé pas mal de piano mais du “piano basse”. Je voulais faire les basses avec un gros son de piano. Et puis, il y a ce quatuor qui joue sur toute la B.O.

Comment définiriez-vous le rôle d’un compositeur  ?
Le compositeur, c’est un auteur du film mais c’est aussi un acteur invisible. Il est omniprésent, on l’entend, mais on ne le voit pas.

Un message à faire passer aux producteurs et réalisateurs ?
S’il vous plaît, ne nous faites pas faire de démos, d’essais, comme dans la pub. Pas de concours. C’est atroce, c’est très insultant.

Par Sarah Vettes
Crédit photos : © Bojana Tatarska

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