Amine Bouhafa, le compositeur qui fait décoller “Gagarine”

Il obtenait en 2015 le César de la meilleure musique pour Timbuktu d’Abderrahmane Sissako. Depuis, il a notamment signé les B.O. de La belle et la meuteLe sommet des dieux, actuellement en salles, et Gagarine,  désormais disponible en VOD et DVD. Lors de la première édition de Sœurs Jumelles, le musicien revenait sur cette récente collaboration avec Fanny Liatard et Jérémy Trouilh.

Quelles indications vous ont donné Fanny Liatard et Jérémy Trouilh pour la B.O. de Gagarine ?

Le point d’entrée, c’était la poésie, le rêve. Ils avaient envie que la musique fasse décoller Gagarine à la fin. Ils voulaient une musique assez généreuse, assez ample. Après, on a travaillé sur la chanson “Ya Tara” que j’ai co-écrite avec l’artiste syrienne Léna Chamamyan. Et, à partir de la chanson, on a commencé à penser au score que j’ai co-signé avec mes collègues Evgueni et Sacha Galperine.

Quels instruments avez-vous choisi pour faire décoller le film ?

On a utilisé des cordes qui ont donné une certaine ampleur, une générosité, un lyrisme à la musique. On a aussi essayé de les mixer avec des sonorités un peu électroniques comme des synthétiseurs, des harmonicas de glace, du Cristal Baschet… Ce sont des instruments qui donnent un timbre assez brillant, assez rêveur, un peu quasi fantastique à la musique.

Comment retranscrire la singularité de ce film, à la fois social et onirique ?

Une des lignes du film, c’est sa dualité : deux réalisateurs, Youri et la cité, deux compositeurs… Evgueni et Sacha Galperine et moi-même. Donc, il y a une altérité, un contraste, et ce contraste-là, on le voit à l’écran. On commence avec des archives, cette cité qui est filmée avec une caméra à l’épaule, de façon documentaire, assez sobre. Toute cette première partie, sur la musique, c’est le travail d’Evgueni et Sacha Galperine. C’est très proche des personnages avec très peu d’instruments, assez minimaliste, direct aussi dans le traitement et, petit à petit, vers la fin, et on va vers ce côté plus ample, plus rêveur, plus onirique. C’est là où, principalement, je suis intervenu.

Avez-vous aussi joué avec les sons de la cité ?

J’ai eu la chance d’intervenir sur le film à un moment où le sound design avait déjà commencé. Ça a beaucoup nourri ma manière de travailler :  la musique est allée chercher des éléments de craquement, de matière… Dans la composition elle-même, j’essaie de puiser des sons qui viennent non pas directement du sound design, mais qui sont inspirés de ce qui a été fait sur le sound design.

A VOIR AUSSI :

> L’interview des réalisateurs de Gagarine

Images : Peggy Bergère
Interview : Marilyne Letertre
Montage : Anna Fonso

Photo de couverture © Marie-Astrid Jamois 

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